L'artisan développeur

Blog de Sébastien Cormier
IA & Big Data

J’ai vendu mon âme à Google

Le compteur Linky

Il y a quelques jours, un technicien est venu installer chez moi un compteur Linky. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est un compteur électrique connecté qu’EDF déploie sur le territoire et qui leur permet d’effectuer les relevés de compteurs à distance, l’information leur parvenant jusqu’à une fois par heure (via CPL ou réseau GSM). Ce compteur est depuis plusieurs mois sujet à polémique, car considéré par beaucoup comme une intrusion dans notre vie privée, alors faut-il s’en inquiéter ? Honnêtement, je n’en sais rien, mais concernant ma vie privée, le compteur Linky ne sera certainement pas mon premier cheval de bataille.

Tout débutat le 13 octobre 2004

Le 13 octobre 2004, c’est la date où Brice, un ami, m’a envoyé une invitation me permettant de créer une adresse Gmail. A l’époque, j’imaginais le service gratuit, j’étais loin d’imaginer que j’allais payer ce service au prix fort : celui de ma vie privée. Pire, comment imaginer que Google serait capable, en me rendant accroc à ses services, de me pousser à donner de plus en plus d’informations concernant ma vie ?

 

Interface gmail en 2006
Interface gmail en 2006

Ensuite est venu l’agenda, très pratique aussi, et certainement moins problématique en terme de données personnelles. Puis à un moment, que j’ai beaucoup de mal à situer dans le temps, Google s’est mis à historiser mes recherches, mon historique de navigation, etc.

Après avoir résisté plusieurs années à l’arrivée des smartphones, en 2010, je cède en achetant un HTC Android. Me voilà piégé. Au delà de toutes les informations citées ci-dessus, maintenant je donne à Google aussi mon emplacement géographique en temps réel. Google est à partir de ce moment là, officiellement, plus informé que ma femme concernant ma vie privée.

Google now, ou le Google décomplexé

Un jours, alors que j’étais dans une réunion qui s’éternisait en fin de journée, mon téléphone m’a sollicité pour me dire qu’au vu de la circulation, il faudrait que je parte maintenant pour rentrer à la même heure que d’habitude. Je ne me souvenais pas lui avoir indiqué mon adresse et mes horaires de bureau. J’ai alors remis le téléphone dans la poche en me disant que j’allais au plus vite prendre soin de supprimer quelques historiques et faire quelques réglages de vie privée, il y a des limites à ne pas franchir.

Le lendemain, alors que je ne faisais rien de spécial, mon téléphone me dérange une nouvelle fois pour m’avertir que c’était le moment idéal pour partir pour mon rendez-vous chez le médecin. Mon rendez-vous chez le médecin ? Ha !!!! mon rendez-vous !!!! Je suis en retard ? Et bien non, juste à l’heure, merci Google Now qui avait anticipé le temps de trajet pour me prévenir.

C’est depuis ce jour que j’ai réellement réalisé que Google conservait l’historique de mes déplacements et surtout, était capable d’en déduire beaucoup d’informations. Mais surtout, c’est à ce moment que Google a commencé à montrer au grand public ce qu’il était capable de déduire avec nos données, pour le meilleur, enfin pour l’instant.

Aujourd’hui, Google Home

google home
Google Home

Google, au même titre qu’Amazon ou Apple, nous propose aujourd’hui un nouveau compagnon à notre domicile. Il parle, mais surtout, il comprend bien et peut se comporter comme un parfait petit assistant pour nos services connectés : rechercher une information sur Google, lancer une musique, ou, pour peu que l’on ait déjà connecté sa maison, venir régler le chauffage, allumer/éteindre les lumières, fermer les volets, juste par une consigne vocale, et ceci, très efficacement.

Le prix ? 149 euros, ou 59 suivant la version. Alors oui, pour les geeks en puissance, ce prix reste très raisonnable au vu de la technologie. Le problème n’est pas tant le prix affiché sur l’étiquette que les conséquences sur nos données privées.

Justement, ce n’est plus votre vie privée qui est en jeu, mais celle de toute la famille, des enfants qui seront ravis de discuter avec ce petit assistant. Aujourd’hui, je le convoite, tel un alcoolique, qui, après 2 semaine d’abstinence, hésite à se saisir de cette bouteille de Whisky pour la mettre dans son caddie.

Vivre avec ou sans Google ?

Big Brother

Oui, Google, je sais, tu es mon lecteur le plus fidèle avec tes petits robots d’indexation, inutile de le nier. Et oui, je te tutoie, je pense que nous sommes suffisamment intimes, avec tout ce que je te livre comme données personnelles depuis plus de 10 ans.

Le 13 octobre 2024, nous fêterons nos 20 ans de vie commune, ou pas. Cette question je me la pose tous les jours : dois-je quitter Google ? Suis-je prêt à me passer de toutes cette technologie au nom du respect de ma vie privée ?

Nous sommes intransigeants sur les questions de vie privée quand cela nous est imposé, comme le compteur Linky. Nous sommes beaucoup moins regardant quand il s’agit d’utiliser des services « gratuits », quitte à tout donner sans compter. Il n’y a pas de service gratuit, notre vie privée est une monnaie d’échange, il est donc important de se poser les bonnes questions pour savoir si l’on paye le bon prix ou pas.

Pour aller plus loin

Vivre sans Google

  • https://www.androidpit.fr/j-ai-arrete-d-utiliser-google-pendant-une-semaine
  • http://www.facilitations.org/ma-vie-sans-google/
  • http://www.lefigaro.fr/secteur/high-tech/pratique/2016/10/05/32002-20161005ARTFIG00176-des-solutions-alternatives-pour-vivre-sans-google-facebook-et-microsoft.php

Google Home

  • Test Google Home : http://www.europe1.fr/technologies/test-google-home-mini-3472067

Réglage de vie privée avec Google

  • http://www.huffingtonpost.fr/2016/06/30/google-mon-compte-vie-privee-_n_10750178.html

 

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